Blog : Dans le confinement, le cloître !

        

Frères et Sœurs,

Au moment où nous nous apprêtons à sortir du confinement, qui en France, a commencé le 16 mars 2020, et s’achève dès demain 11 mai, nous entendrons dans l’Evangile de ce dimanche, le Christ Jésus dire : « Ego sum via, et veritas, et vita » traduit par notre liturgie « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Ce texte écrit dans un contexte ecclésial particulier, celui des premiers siècles de l’ère chrétienne, nous rejoint aujourd’hui au milieu du tintamarre, des prophéties et du tumulte. Puisse cette Parole du Seigneur résonner encore dans nos cœurs avec la même intensité. Puisse l’Esprit du Seigneur en ces jours habiter chacune de vos vies pour mieux avancer sur le chemin du Seigneur !

Espérant que vous êtes tous en bonne santé, nous vous adressons ce message de réconfort et de fraternité,

Que Dieu, vraie liberté et vraie vie, vous bénisse et vous comble de tous biens !

Fraternellement,

Grégoire Abessolo, op

Jean 14,6 – Le Lapin Bleu de Coolus – Communauté de la Croix Glorieuse

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Commentaire de l’évangile :

A votre avis, qu’est-ce qui passe dans la tête de Philippe quand il dit à Jésus : « montre-nous le Père, cela nous suffit ».
Est-il fatigué de suivre Jésus qui en demande trop aux disciples ?
Est-ce qu’il ne comprend rien à ce que dit Jésus, et Philippe voudrait une solution plus simple à comprendre ?

L’expérience chrétienne nous apprend que quand nous croyons avoir Dieu à portée de main, assez rapidement nous découvrons qu’en fait il n’est plus là. Que Dieu se laisse découvrir quand nous sommes désarmés, démuni et donc disponible pour le recevoir.
La pandémie nous donne d’être ainsi démunis. Pour les célébrations dans nos églises, nous ne savons pas quand elles pourront effectivement reprendre, comment cela va-t-il se passer ? Que se passera-t-il pour ceux qui ne peuvent pas rentrer dans la chapelle….Quand tout part de travers, comme cela, c’est au Christ qu’il faut nous attacher. Et alors avec lui, nous trouverons un chemin là où nous ne voyions que des impasses. Dans le réaménagement de notre chapelle, le cierge pascal – image du Christ lumière dans les ténèbres- est au centre de la chapelle.
Il est notre repère.


fr Antoine

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La liturgie dominicaine célèbre aujourd’hui Pierre Claverie et ses 18 compagnons. Voici ce que disait Pierre à propos de la communion entre les fidèles


Chacun est responsable de la formation et de la croissance du tout.

Chacun ne peut exercer réellement cette responsabilité que s’il est libéré intérieurement : c’est ce que la connaissance de l’amour de Dieu peut permettre et ce que notre communion peut aider à réaliser et approfondir. Cette connaissance de l’amour qui nomme chacun par son nom libère de la solitude et donc de la peur et de la méfiance des autres. C’est ainsi que nous pouvons jeter bas nos masques et ne plus tenir compte des masques des autres : nous nous acheminons peu à peu à visage découvert vers la simplicité vers cet esprit d’enfance auquel l’Évangile promet le Royaume. Notre communion commence à exister quand nous abandonnons peu à peu nos jugements et nos prétentions sur les autres quels qu’ils soient : car juger c’est se situer par rapport aux autres alors que Jésus nous invite à ne nous situer que par rapport à Dieu. Dans notre conscience nous n’avons pas à nous inquiéter d’autre regard que de celui du Christ ou de son Père : eux seuls sont vraiment créateurs – et nous pouvons ainsi peu à peu nous-mêmes porter sur le monde et sur les autres ce même regard créateur qui rend à la simplicité – permet de renaître à une vie nouvelle. L’Eucharistie nous donne de nous placer sous ce regard libérateur et nous permet ainsi d’être un artisan de paix et de fraternité. Un monde nouveau peut commencer.

Extrait de ‘Donner sa vie’

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Dans son homélie [de la messe de ce jour], le Pape a commenté le passage des Actes des Apôtres (Ac 13, 13-25) dans lequel Paul, arrivé à Antioche en Pisidie, explique l’Histoire du peuple d’Israël dans la synagogue, annonçant que Jésus est le Sauveur attendu. Lorsque Paul explique la nouvelle doctrine, dit François, il parle de l’histoire du salut. Derrière Jésus, il y a une histoire de grâce, d’élection, de promesses : le Seigneur a choisi Abraham et a marché avec son peuple. Il y a une histoire de Dieu avec son peuple. Paul ne commence pas avec Jésus, il commence avec l’histoire.Le christianisme n’est pas seulement une doctrine, mais une histoire qui mène à cette doctrine. Le christianisme n’est pas seulement une éthique, il a des principes moraux, mais on n’est pas chrétien seulement pour la vision éthique : c’est plus. Les chrétiens ne sont pas une élite de personnes choisies pour la vérité: être chrétien, c’est appartenir à un peuple choisi par Dieu gratuitement.


https://www.vaticannews.va/fr/pape-francois/messe-sainte-marthe/2020-05/le-pape-prie-pour-les-artistes-car-sans-beaute-on-ne-peut-comp.html

Le Pape François lors de la messe à Sainte-Marthe, jeudi 7 mai 2020

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Toute la Parole du Christ m’invite moins à partager ses vues qu’à marcher selon ses voies pour vivre de sa Vie ; il s’agit moins de l’imiter au sens où l’on reproduirait des gestes qui nous semblent inaccessibles depuis nos limites humaines patentes que d’avancer d’un même pas ; il ne veut pas mon approbation à son « dit » mais ma réponse libre à son « don ».

Dans mes lieux blessés, accueillir son pardon pour le donner
Dans mes paralysies bloquées, recevoir sa main pour me remettre en route
Dans ma vie spirituelle asphyxiée, recevoir l’Esprit qui prie en moi
Dans mes mains atrophiées, consentir au don qui m’invite à partager
Dans ma bouche asséchée recevoir l’eau de sa vie et oser la proclamer
Dans mon cœur contraint, laisser s’ouvrir l’Espérance et la vivre.

Dans ma vie de chaque jour,
Dans le temps que je lui consacre
Au milieu de la vie communautaire
dans le signe efficace sacramentaire
avec les frères les plus blessés

Les chrétiens ne sont pas des convaincus, ils sont des Sauvés qui veulent le vivre de plus en plus.

Père David Lerouge

Miséricordieux comme le Père. - Le blog de Frère Bernard-Marie

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Mardi 5 mai : Méditation de l’Evangile de Jean 10, 22-30

A travers l’évangile de ce jour, Jésus reprend l’image des brebis qui lui sont confiées et que représentent ses disciples contemporains ainsi que les baptisés d’aujourd’hui. C’est la question de son identité qui a conduit à cet enseignement, car les Juifs lui demandaient de dire ouvertement s’il était le Messie. Cette question qui apparaît au début du texte trouve sa réponse à la fin où Jésus déclare l’unité entre le Père et lui : « Le Père et moi, nous sommes UN ». De ces propos se dégage une question christologique que pose l’identité du Christ.    

Frère Martial Darius YEBOU

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Chers amis,

Malgré le confinement et la pandémie, la vie des communautés dominicaines continue. Nous venons d’apprendre que le frère Antoine de La Fayolle a été élu prieur du couvent de Rennes. Son absence se fera sentir à Evry où nous n’entendrons plus son rire caractéristique, mais je me réjouis que nos frères de Rennes puissent profiter de son dynamisme. Il quittera la communauté dès la fin du confinement mais vous pourrez certainement le revoir car il reviendra à Evry et nous organiserons alors une rencontre. Au nom de tous les frères, je le remercie pour ces 6 années passées à la maison de la Croix et de la miséricorde, il a fait partie du premier groupe des frères qui ont succédé aux sœurs.

J’espère que progressivement nous allons pouvoir nous revoir, bien fraternellement

Fr Michel Lachenaud op, supérieur

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            Méditation du p. Jean-Marie Petitclerc
« Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ? » Cette question, bon nombre de collégiens, même scolarisés dans l’enseignement catholique, se la posent avec leurs mots crus d’adolescents « Le disciple du Christ serait-il un anthropophage et un vampire ? »
            La réponse du Christ paraît mystérieuse : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. »
            Osons dire les choses comme elles sont. Ce qui conduit à la séparation de la chair et du sang, c’est la mort violente, telle celle que Jésus a choisie pour lui-même sur la croix, avec le coup de lance qui l’achève.
            C’est la réunification de la chair et du sang qui est signe de résurrection. Désormais, ils font un: c’est le signe de la vie. Et c’est cette réunification qui opère dans le cœur de celui qui communie au corps et au sang du Christ.
            Le corps, c’est ce qui permet d’être présent. Communier au corps du Christ, c’est accepter la mission de le rendre présent. Le sang, c’est le signe de la vie : communier au sang du Christ, c’est témoigner dès ici-bas de la vie divine. Mais corps et sang ont aussi une signification sociale. Ne parle-t-on pas d’un corps institutionnel, chacun étant appelé à mettre ses compétences au service d’une cause commune ? Et en disant que deux personnes sont de même sang, ne disons-nous pas qu’elles sont de la même famille ? Le mystère eucharistique est tout autant celui du pain et du vin qui deviennent corps et sang du Christ que celui de l’assemblée qui devient Corps et Sang du Christ. La messe ne peut être considérée comme un spectacle à regarder, mais comme une liturgie à vivre.
            À l’heure où, au début de ce mois de mai, beaucoup d’entre nous accompagnent des enfants qui se préparent à leur première communion, sachons trouver les mots justes pour les initier à ce signe du partage du pain, fruit de la terre et du travail des hommes. Et comment ne pas prier en ce jour du 1er mai pour les travailleurs du monde entier, dont tant aujourd’hui sont réduits au chômage ?

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Méditation du 30 avril 2020

« Comment pourrais-je comprendre s’il n’y a personne pour me guider ? » dit l’Ethiopien, disent ceux qui aujourd’hui encore veulent rejoindre l’Eglise. Pourtant il me semble que ce sont moins les Ecritures qui sont opaques que nos pratiques à nous, dans cette Eglise. Assez souvent la Parole de Dieu me réveille car je me suis endormi en ne mettant pas en pratique ce que cette Parole me demande pour ma vie.

Alors pour aujourd’hui, voyons sa signification.

Les actes des Apôtres nous présentent Philippe comme un homme qui se laisse conduire par l’Esprit Saint qui lui fait ‘mouiller sa chemise’ afin de rejoindre un catéchumène. L’enseignement demande une mise en œuvre immédiate de la recommandation du Ressuscité « Baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Et c’est ce qui se fait quand ils croisent un cours d’eau sur la route de Gaza.

Il y a des écoles de guides de haute montagne à Chamonix pour ceux qui, passionnés de montagne veulent en faire un métier. Il y a des écoles de théologie pour ceux qui, passionnés par le Christ veulent aider leur sœurs et frères à le rencontrer tout en approfondissant leur quête. L’Esprit Saint donne la force de courir mais s’adresse à des chrétiens qui cultivent la Parole et la mette en pratique. Soyons de ceux-là, vivons ce temps d’immobilisation forcé comme un temps de retraite. Ainsi quand la vie sociale reprendra, nous pourrons comme Philippe, ‘mouiller notre chemise’ pour la plus grande gloire de Dieu.

Frère Manuel Maïcas o.p.

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Homélie pour la fête de Ste Catherine de Sienne

En dehors du milieu dominicain Catherine de Sienne est assez mal connue en France. Cette incompréhension remonte assez loin car au XVème siècle au moment où elle était béatifiée Jean Gerson chancelier de l’université de Paris, parla d’elle comme d’une exaltée qui avait eu une certaine responsabilité dans l’éclatement du grand Schisme.

C’est pourtant une femme étonnante. Catherine a persévéré jusqu’à la fin comme laïque dans son état de pénitente vivant de façon autonome au milieu du monde et toujours en mouvement ce qui lui permettait d’agir plus librement et de façon plus efficace en faveur de l’Eglise et de sa réforme. Elle s’est considérée comme une messagère de Dieu chargée de délivrer aux hommes des avertissements et des conseils en vue de leur salut. Le prophétisme itinérant qu’elle a pratiqué demeurait une vocation exceptionnelle.

Avec Brigitte de Suède elle a ouvert la voie à d’autres femmes qui vont jouer un rôle essentiel dans cette période très troublée de l’Eglise. On peut penser aux mystiques dominicaines mais on peut y ajouter Jeanne d’Arc une simple paysanne devenue chef de guerre qui de son vivant fut considérée comme une prophétesse et brûlée en tant que sorcière.

Cette émergence des femmes dans le domaine de la vie religieuse et culturelle est liée à une crise profonde des institutions et des pouvoirs (Grand schisme, guerres incessantes, peste noire …). Dans ce contexte les femmes ont joué un rôle qui normalement ne leur était pas reconnu dans l’Eglise et dans la société, il consistait à rappeler à leurs contemporains les vérités fondamentales oubliées : Dieu est amour et le Christ est mort pour nous. Envahissant le domaine public elles ont bouleversé les rapports de dépendance, ne craignant pas d’interpeller les hommes et les puissants.

En ce sens Catherine peut, nous inspirer au cœur de la crise que l’Eglise vit et de l’effondrement de notre monde social et économique. Une parole jaillira peut-être d’un lieu nouveau. C’est de ceux qui n’avaient pas la parole que surgira peut-être une solution car beaucoup voudront que tout reprenne comme avant alors que ce n’est pas possible surtout ils chercheront à encadrer toute parole qui pourrait déranger.

Catherine avait une parole qui dérangeait elle osait écrire : Il me semble que pour pouvoir reconstruire l’Eglise de fond en comble, il nous faudrait la détruire jusqu’à ses fondements » (lettre 109)

fr Michel

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RASSEMBLEMENT MONDIAL DU ROSAIRE POUR TOUTE LA FAMILLE DOMINICAINE !

29 Avril 2020 21:00 – 5 Mystères Glorieux

J’exhorte toute la famille dominicaine – frères, moniales, seurs, laïcs, instituts séculiers, fraternités sacerdotales et jeunes – à travers le monde, à prier ensemble le Rosaire selon ce programme préparé par le frère Lawrence OP, notre promoteur général du saint Rosaire.
Le mercredi 29 avril 2020, rassemblons-nous dans nos communautés et nos maisons pour prier les cinq Mystères Glorieux du Saint Rosaire, à 21 heures, heure locale. Si possible, partagez-le en direct en ligne. Partout dans le monde, le jour de la fête de Sainte Catherine, tous les Dominicains et leurs amis s’uniront pour prier le Rosaire contre cette pandémie.

Nous prierons pour les malades, pour les services de santé, pour les familles des malades, pour ceux qui souffrent économiquement, socialement et psychologiquement, pour la protection et la guérison. Après chaque dizaine, veuillez réciter la prière offerte par Notre-Dame du Rosaire à Fatima: « Ô mon Jésus. » .,

– fr. Gérard Timoner 0.P., Maître de l’Ordre.

Notre-Dame du Rosaire. Fête le 07 Octobre.

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Tout au long de cette semaine, les évangiles suivent le ch. 6 de l’Évangile de Jean, le « discours du pain de vie », comme nous avons coutume de l’appeler. Ce ch. 6 est comme une inclusion : l’altercation commencée avant se poursuit juste après. D’autre part, aujourd’hui, comme vous avez pu le noter, de « pain de vie » il n’est pas encore question ; cela viendra demain.

Comme la plupart des discours chez saint Jean, celui-ci démarre et est articulé par des méprises et il rebondit sur des malentendus : Jésus dit quelque chose, les interlocuteurs comprennent de travers ou réagissent à côté…

Dans le passage d’aujourd’hui, le premier des malentendus concerne un moyen de transport. Après le prodige des pains, les foules veulent s’emparer de Jésus, mettre la main sur lui, « pour le faire roi » dit saint Jean ; mais Jésus se retire et reste introuvable. Les foules ont bien vu les disciples partir en barque, une seule. Il n’y en avait pas d’autre. Où donc est passé Jésus ? Quand elles le retrouvent à quelque quinze-vingt kilomètres – c’est à peu près la distance de Tibériade à Capharnaüm, en tout cas par terre presque moitié plus que la ligne droite par bateau, et même s’il est concevable de franchir cette distance en quelques heures –, les gens se demandent et demandent à Jésus comment il a fait pour arriver là, seul, en si peu de temps, de nuit. Question bien inessentielle, tout au moins pour Jésus ! Il n’y répond pas, mais il oriente vers l’enjeu véritable.

Deuxième dérapage. Comme à son habitude, Jésus va directement à la racine des choses : Vous me cherchez, mais pourquoi me cherchez-vous ? Que cherchez-vous en fait ? Ou plutôt, qui cherchez-vous ? Question qu’il reposera par deux fois lors de son arrestation à Gethsémani : « Qui cherchez-vous ? » Un pourvoyeur de nourriture qui dispenserait de peiner pour la produire, un magicien qui vient régler vos problèmes, un guérisseur extraordinaire, doué de pouvoirs ébahissants ? Un nouveau David, un nouveau Moïse ? Mais David lui-même a bien failli être détrôné par son propre fils, et Moïse fut constamment soumis aux récriminations du peuple et même aux contestations de ses plus proches…

En retenant la première hypothèse – le pourvoyeur de pain en abondance –, Jésus invite à creuser toujours plus profond : il engage à rechercher, non pas la nourriture alimentaire, périssable, et dont on aura faim encore et encore, même si l’on s’en gave, mais une nourriture fondamentale qui comble et rassasie réellement et durablement. Il en indique tout de suite la provenance, la source : Dieu même, le Père – comme il l’appelle. Et lui, le Fils, le Fils de l’homme, ne fait que la transmettre. C’est pour cette mission que le Père l’a envoyé, l’a investi de son sceau, l’a marqué de l’Esprit. L’Esprit est son garant, cette énergie qui lui permet d’accomplir des signes, qui fait de lui le Signe, l’image de Dieu son Père, source de cet Esprit. Mais voilà : dans le Signe, les hommes ne retiennent que le pain, la bouffe.

Et là vient la troisième méprise : Jésus avait engagé à travailler, se mettre à l’œuvre – la racine de ce verbe se retrouve dans notre mot énergie –, il engage à investir toute notre énergie dans cette recherche. Mais les foules comprennent cette offre comme un appel à se mettre au travail, et elles demandent de quel travail il s’agit, quelle est la feuille de route… Et Jésus de répondre qu’il ne s’agit pas de trucs à faire, ni de recettes à suivre, mais d’une relation vitale à instaurer par rapport à lui, avec lui : croire, c’est-à-dire ne pas chercher en soi-même sa force, sa sécurité, sa référence ultime… Croire en hébreu se dit amân, ce qui donne amen. Cela signifie prendre appui, planter sa fondation sur. Et il n’est qu’un seul roc qui puisse nous soutenir pour de bon : Dieu.

Croire. Dans l’Évangile de Jean, vous ne trouvez jamais le nom foi, seulement le verbe croire, comme si l’évangéliste voulait indiquer que ce ne peut être enfermé dans un concept, dans une abstraction, dans une liste – fût-elle de vérités. Croire reste un vivre, un processus, une démarche ; s’il s’arrête, ce chemin se perd et se meurt. Car je puis croire à quelque chose, et je peux cesser d’y croire. Mais quand je dis à quelqu’un « je crois en toi », ce Quelqu’un devient tout pour moi.

Fr Alain Riou

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Au-delà du retour des messes, c’est une autre urgence qui attend les communautés chrétiennes avec la sortie du confinement : celle d’une vague de pauvreté sans précédent. Le cri d’alarme de Natalia Trouiller, journaliste et essayiste, auteure de Sortir ! Cliquez ici.

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Image tirée du film Hiver 54, L’abbé Pierre

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Connaissez-vous la cathédrale d’Autun. Elle est connue pour ses chapiteaux sculptés. Il y en a notamment un à propos des pèlerins d’Emmaüs, notre évangile de ce jour. Cliquez ici.

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Samedi 25 avril 2020 : Saint Marc, Evangéliste


En ce jour où nous célébrons Saint Marc, Evangéliste, la liturgie nous propose un extrait d’évangile de cet auteur qui rapporte les dernières paroles du Ressuscité aux onze. Jésus avait commencé sa mission avec douze Apôtres mais à la fin, il en restait onze. Cela signifie que ceux qui ont connu Jésus de Nazareth n’ont pas tous fait l’expérience du Ressuscité. La mission des onze consiste à proclamer la Bonne Nouvelle dans le monde entier, afin que ceux qui croiront et se feront baptiser soient sauvés.

(MC 16, 15-20)

Frère Martial Darius YEBOU

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L’évangile de ce jour est l’amorce de l’enseignement sur le Pain de Vie dans l’évangile de Jean. Nous allons rentrer dans la méditation sur ce Pain de Vie (sauf qu’avec la fête de St Marc et le dimanche, nous y reviendrons lundi prochain).
A cause du confinement, vous n’avez plus accès à la table de l’eucharistie. Mais il vous reste la table de la parole : ‘l’homme vit de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur’ Dt 8,3.
A cause du confinement, vous n’avez plus accès aux sacrements dispensés par les ministres ordonnés, mais il vous reste le sacrement du frère.

Pouvez-vous nous dire, en envoyant un mail( dominicains.evry gmail.com), comment vous célébrez dans votre confinement le sacrement du frère et comment vous vous nourrissez de la parole de Dieu ? Dites-nous aussi s’il y a des aides dont vous auriez besoin pour mieux vous nourrir ou mieux célébrer le sacrement du frère.

A propos du sacrement du frère : D’après les pères de l’Église comme saint Jean Chrysostome, saint Augustin ou Tertullien, il existe un « sacrement » méconnu mais pourtant fondamental : le « sacrement du frère ». C’est celui qui nous tourne vers nos frères (tous fils d’un même Père), notamment les plus pauvres, pour nous mettre à leur service.

L’amour de Dieu est inséparable de l’amour du prochain. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » (Lc 10, 27).
Jésus lui-même, par toute sa vie (accueil des pécheurs, guérisons, etc.), se met au service de l’autre. Il demande à ses disciples de l’imiter. « C’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le-vous aussi », dit-il après le lavement des pieds (Jn 13, 14-15).

Et comme dans tout sacrement, c’est aussi Jésus lui-même qui se rend présent. « En vérité je vous le dis, ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).

En prenant soin du malade, nous entrons en communion avec le Christ. Dans les deux cas, il y a sacrement puisqu’il y a présence du Christ.

Eucharistie et service du frère se nourrissent l’un l’autre : en accueillant le corps de Jésus, qui donne sa vie pour nous, nous recevons la grâce de donner à notre tour notre vie pour les autres. « Nul ne peut recevoir dans l’eucharistie le pardon et la paix de Dieu sans devenir un homme de pardon et de paix, poursuit le Père Argenti citant le théologien orthodoxe Olivier Clément. Nul ne peut partager le banquet eucharistique sans devenir un homme de partage. »


En 1662, le philosophe Blaise Pascal est à l’agonie. Il demande à son entourage la communion eucharistique mais ses difficultés de déglutition les empêchent d’accéder à sa demande. Il répond alors : « Faites entrer dans ma chambre un pauvre de la rue. Ainsi, puisque je ne peux pas communier avec la Tête, je pourrai communier avec un membre de son Corps ».
Source : https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Fraternite/Qu-est-ce-que-le-sacrement-du-frere

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L’ONG Projet Imagine met en ligne un de ses derniers documentaires sur un héros de l’ombre : Soeur Ventura. Si vous avez 17 minutes, allez avec elle faire un tour chez les pygmées du Congo Brazza en cliquant ici

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Le passage des Actes des Apôtres proposé à notre méditation ce mercredi 22 avril, nous révèle deux niveaux, deux histoires parallèles :
Celle des hommes et de leur justice à la vue trop humaine.
Celle de Dieu et de son projet pour son peuple.

De bon matin, à l’heure où les gens vont au travail, quand il fait encore nuit, les portes du Temple de Jérusalem s’ouvrent, et les apôtres y entrent pour annoncer les paroles de vie : le Messie attendu est là : c’est Jésus ressuscité !

Dans la matinée se réunit une cour de justice ou plutôt d’injustice, car elle ne sait pas lire les signes du temps… : la prison est vide, les évadés sont à leur tâche dans le Temple là où ils avaient précédemment été arrêtés.
« Si nous nous taisons, les pierres crieront ! » avait dit un jour Pierre… De peur que cette prophétie ne s’accomplisse, de peur que les pierres ne crient et les cailloux ne volent, les autorités du Temple avaient arrêté les apôtres le plus discrètement possible. Mais ceux-là, remplis de l’Esprit Saint, s’en moquent : ils reviennent et reprennent la parole ! Cependant le divorce est consommé entre ceux qui ont des armes et ceux qui sont remplis d’Esprit Saint.

Cette lecture des Actes des apôtres m’inspire des ‘actes de priant’ que je veux vivre et que je vous invite à vivre aujourd’hui, en priant pour les innocents emprisonnés et torturés. En priant pour les surveillants de prison qui font leur métier avec abnégation. En priant pour les confinés qui vivent dans cette sorte de prison qu’est leur appartement et qui ne supportent plus de rester chez eux sans liberté de sortir quand bon leur semble.

En communion de prière

Frère Manuel Maïcas o.p.

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Alors que cette sixième semaine de confinement la fatigue et la lassitude commencent à venir à bout des réserves de certains (réactions violentes dans les queues, invectives, recherche de bouc émissaire), appuyons sur l’Esprit dont les ressources sont insoupçonnées.

Dans sa messe matinale, le pape en parlait :

«Naître d’en haut, c’est naître avec la puissance du Saint-Esprit. Nous ne pouvons pas prendre le Saint-Esprit pour nous; nous pouvons seulement le laisser nous transformer. Et notre docilité ouvre la porte à l’Esprit Saint: c’est Lui qui opère le changement, la transformation, cette renaissance d’en haut. C’est la promesse de Jésus d’envoyer le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est capable de faire des merveilles, des choses auxquelles nous ne pouvons même pas penser.

Cette première communauté chrétienne en est un exemple. Elle n’est pas une fantaisie, c’est ce qu’on nous dit ici: c’est un modèle, auquel on peut arriver quand il y a de la docilité et que l’on laisse l’Esprit Saint entrer et nous transformer. Une communauté – disons – « idéale ». Il est vrai qu’immédiatement après, les problèmes commenceront, mais le Seigneur nous montre jusqu’où nous pouvons aller si nous sommes ouverts à l’Esprit Saint, si nous sommes dociles. Dans cette communauté, il y a de l’harmonie. L’Esprit Saint est le maître de l’harmonie, il est capable de le faire et l’a fait ici. Il doit le faire dans nos cœurs, il doit changer beaucoup de choses en nous, mais il doit faire l’harmonie: parce que Lui-même est l’harmonie. Ainsi l’harmonie entre le Père et le Fils: Lui, Il est l’amour de l’harmonie. Et c’est Lui, avec harmonie, qui crée ces choses comme cette communauté harmonieuse. Mais ensuite, l’histoire nous raconte – le même livre des Actes des Apôtres – de nombreux problèmes dans la communauté. C’est un modèle: le Seigneur a permis à ce modèle de communauté presque « céleste » de nous montrer où nous devons arriver.

Mais ensuite les divisions au sein de la communauté ont commencé. L’apôtre Jacques dit dans le deuxième chapitre de sa lettre : « Que votre foi soit à l’abri de favoritismes personnels » – car il y en avait ! « Ne faites pas de discriminations »: les apôtres doivent sortir et réprimander. Et Paul, dans la première lettre aux Corinthiens, au chapitre 11, se plaint: « J’ai entendu dire qu’il y a des divisions parmi vous »… Des divisions internes dans les congrégations commencent. Cet « idéal » est à atteindre, mais ce n’est pas facile: beaucoup de choses divisent une communauté, qu’il s’agisse d’une paroisse chrétienne, ou d’une communauté diocésaine ou presbytérale, ou encore d’hommes et de femmes religieux… beaucoup de choses entrent en jeu pour diviser la communauté.

En regardant quelles sont les choses qui ont divisé les premières communautés chrétiennes, j’en trouve trois: d’abord, l’argent. Quand l’apôtre Jacques dit cela, de ne pas faire de favoritismes personnels, il donne un exemple car « si dans votre église, dans votre assemblée, un homme avec un anneau d’or entre, vous le faites immédiatement avancer, et le pauvre est laissé de côté ». L’argent. Paul lui-même dit la même chose: « Les riches apportent de la nourriture, et les pauvres, eux, mangent debout », on les laisse là comme pour leur dire « Arrangez-vous comme vous pouvez » ». L’argent divise, l’amour de l’argent divise la communauté, divise l’Église.

Souvent, dans l’histoire de l’Église, là où il y a des déviations doctrinales – pas toujours, mais souvent – il y a de l’argent derrière: l’argent du pouvoir, à la fois politique et en espèces, mais c’est de l’argent. L’argent divise la communauté. C’est pourquoi la pauvreté est la mère de la communauté, la pauvreté est le mur qui garde la communauté. L’argent divise, l’intérêt personnel. Même dans les familles: combien de familles ont fini par être divisées par un héritage ? Combien de familles ? Et ils ne se parlent plus… Combien de familles… Un héritage… Ils se sont séparés: l’argent se divise.

Une autre chose qui divise une communauté est la vanité, ce désir de se sentir mieux que les autres. « Je te remercie, Seigneur, car je ne suis pas comme les autres », la prière du pharisien. Et aussi vanité dans le fait de me montrer, vanité dans les habitudes, dans l’habillement: combien de fois – pas toujours mais combien de fois – la célébration d’un sacrement est un exemple de vanité, qui va avec les meilleurs vêtements, ce que fait l’un et l’autre… Vanité… la fête la plus grande… La vanité entre là aussi. Et la vanité divise. Parce que la vanité vous conduit à être un paon et là où il y a un paon, il y a toujours la division.

Une troisième chose qui divise une communauté est le bavardage: ce n’est pas la première fois que je le dis, mais c’est la réalité. Et c’est la réalité. Cette chose que le diable met en nous, comme un besoin de parler des autres. « Quelle bonne personne est ce… » – « Oui, oui, mais… » : immédiatement le « mais », c’est une pierre pour disqualifier l’autre. Immédiatement je dis une chose que j’ai entendue, et donc je rabaisse un peu l’autre.

Mais l’Esprit vient toujours avec sa force pour nous sauver de cette mondanité de l’argent, de la vanité et du bavardage, car l’Esprit n’est pas le monde : il est contre le monde. Il est capable de faire ces miracles, ces grandes choses.
Demandons au Seigneur cette docilité à l’Esprit afin qu’il nous transforme et transforme nos communautés, nos communautés paroissiales, diocésaines, religieuses: transformons-les, afin que nous puissions toujours avancer dans l’harmonie que Jésus veut pour la communauté chrétienne. »

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Courrier des lecteurs

Cher Fenouil,
Ceci est un texte un peu étrange qui parle d’une fleur non moins étrange dans un jardin extraterrestre…
Peut-être t’intéressera-t-il ?
Bonne semaine cher ami du jardin d’Evry !

Jacques

Le jardin d’Icare

Une longue traînée dans le ciel. Une corolle, deux corolles s’épanouissent. Puis une sphère s’en détache. Quelques rebonds dans le sable rouge. Au loin, des monts embrumés de poussière. Le temps pour la lumière d’allonger l’ombre des rochers, de disparaître puis d’apparaître à nouveau. Une paroi s’ouvre, puis une autre, une troisième enfin : trois sépales au revers argenté. Elle ne bouge pas, malgré le vent qui la bouscule. Immobile. Patiente. Chevauchant ses gardiens de pierre, les rayons solaires parviennent enfin à la toucher. Elle frisonne, s’ébroue comme après une longue dormance. Les extrémités de ses pétales se séparent, lentement. Elles s’étalent, s’étirent. Elle paraît avoir grandi. La poussière virevolte, l’enveloppe, la farde d’une caresse. Mais le soleil ne s’est pas arrêté ; il rejoint l’horizon, ramène sa chaude couverture à lui, la laisse dans l’ombre, puis le froid. Alors ses pétales se relèvent comme si l’obscurité lui imposait d’être pudique.

Et il en fut ainsi, jour après jour, saison après saison, sans que jamais elle ne se lasse.

Neil vérifie une dernière fois ses instruments. Puis il pousse la porte, en franchit le seuil. Il vacille, envahi par le sentiment d’avoir touché l’intouchable, violé l’inviolable, arraché un secret. Mais il est trop tard. Ses épaisses semelles ont marqué la poussière du sol ; son pantalon est déjà rouge. Il n’hésite plus, s’engage entre les rochers, trébuche sur un caillou. Il est seul, il le sait, et pourtant il regarde autour de lui comme s’il cherchait ou craignait un invisible cerbère. Il consulte sa carte, maugrée, revient sur ses pas. « Où est-elle ? » murmure-t-il ; mais le vent ne l’entend pas. Il s’impatiente : il sait qu’elle est tout près de lui, qu’elle a ouvert ses pétales aux premières heures.

Il se rappelle ses craintes d’enfant, lorsque ses parents l’emmenaient visiter les serres du jardin botanique : les plantes et les fleurs étaient si nombreuses qu’il étouffait, prenait peur, s’enfuyait. Au végétal, il avait toujours préféré le minéral. Il s’était enthousiasmé devant le jardin de pierre du temple Ryoanji à Kyoto, avait souri en découvrant ceux qui entourent les maisons construites à même la lave à Hawaï. Oubliée l’alternance des saisons, oubliée l’œuvre destructrice du temps à l’encontre du vivant. La pierre, immuable.

Il avait eu un choc en découvrant les propriétés de ces nouveaux métaux dont la forme change en même temps que la température. Ils ont la robustesse d’un tronc de cryptomère et la souplesse d’une tige d’héliotrope. Il s’en était souvenu lorsqu’il fut question d’implanter dans cet endroit sauvage une avant-garde capable d’attendre plusieurs années la visite d’un humain. Il s’était enthousiasmé à l’idée que ses pétales battraient la mesure des jours et des nuits comme le font ses consœurs sur la planète bleue.

  Neil s’inquiète. A-t-elle été enfouie par la poussière rouge et rendue amorphe ? Est-il passé à côté, l’a-t-il frôlée ou même écrasée avec l’une de ses lourdes bottes ? Il se raisonne, se dit qu’il devrait abandonner les recherches, que de nombreuses tâches l’attendent, que ses patrons s’impatientent sans doute déjà… Mais un éclair d’argent l’éblouit. Il se hâte, la trouve nichée derrière un rocher. Il la cueille, la prend entre ses mains gantées, la dirige vers le soleil. Les pétales s’étirent, surprises par la lumière trop violente. Il sourit.

« Allo, la Terre ? Ici, Neil, depuis le camp de base n°1. J’ai retrouvé notre rose en métal à mémoire de forme. Intacte après vingt ans passés à la surface de Mars. Je propose que nous donnions à cet endroit le nom de Jardin d’Icare… »

Planet Mars - YouTube

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Connaissez-vous le décalogue de la sérénité du pape Jean XXIII récemment canonisé ?
Il peut être bon de le méditer, ou de le relire ces jours-ci

Rien qu’aujourd’hui,
J’essaierai de vivre
Exclusivement la journée
sans tenter de résoudre
Le problème de toute ma vie.
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je porterai mon plus grand soin
A mon apparence courtoise**
Et à mes manières :
Je ne critiquerai personne
Et ne prétendrai redresser ou discipliner
Personne si ce n’est moi-même
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je serai heureux
Dans la certitude d’avoir été créé
Pour le bonheur,
Non seulement dans l’autre monde,
Mais également dans celui-ci.
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je m’adapterai aux circonstances
Sans prétendre que celles-ci
Se plient à mes désirs
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je consacrerai dix minutes
A la bonne lecture
En me souvenant que,
Comme la nourriture est nécessaire
A la vie du corps,
La bonne lecture est nécessaire
A la vie de l’âme.
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je ferai une bonne action
Et n’en parlerai à personne.
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je ferai au moins une chose
Que je n’ai pas envie de faire
Et si j’étais offensé,
J’essaierai que personne ne le sache.
 
Rien qu’aujourd’hui,
J’établirai un programme
Détaillé de ma journée.
Je ne m’en acquitterai peut-être pas
Mais je le rédigerai.
Et me garderai de deux calamités :
La hâte et l’indécision.
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je croirai fermement
– même si les circonstances prouvent le contraire –
Que la Providence de Dieu
S’occupe de moi comme si rien d’autre
N’existait au monde.
 
Rien qu’aujourd’hui,
Je ne craindrai pas
Et tout spécialement,
Je n’aurai pas peur
D’apprécier ce qui est beau
Et de croire en la bonté.

Je suis en mesure
De faire le bien pendant douze heures,
Ce qui ne saurait pas
Me décourager,
Comme si je pensais que je devais
Le faire toute ma vie durant.

Rien qu’aujourd’hui…

Quelques textes pour prier | Paroisses Cathédrale Toulouse

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Dans l’évangile, il est spécifié que Thomas était absent lors de la venue de Jésus. A votre avis, est-ce que St Thomas a reçu le Saint Esprit ?
Ce matin, je partageai aux frères mon interprétation : Il ne l’a pas reçu tout de suite. Il a dû faire un changement intérieur, une sorte de conversion qui ressemble un peu à celle qu’à pu vivre Etty Hillesum :

Ce matin en longeant à bicyclette le Stadionkade, je m’enchantais du vaste horizon que l’on découvre aux lisières de la ville et je respirais l’air qu’on ne m’a pas encore rationné. Partout des pancartes interdisaient aux Juifs les petits chemins menant dans la nature. Mais au-dessus de ce bout de route qui nous reste ouvert, le ciel s’étale tout entier.

On ne peut rien nous faire, vraiment rien. On peut nous rendre la vie assez dure, nous dépouiller de certains biens matériels, nous enlever une certaine liberté de mouvement tout extérieure, mais c’est nous-mêmes qui nous dépouillons de nos meilleures forces par une attitude psychologique désastreuse. En nous sentant persécutés, humiliés, opprimés. En éprouvant de la haine. En crânant pour cacher notre peur.

On a bien le droit d’être triste et abattu, de temps en temps, par ce qu’on nous fait subir : c’est humain et compréhensible. Et pourtant la vraie spoliation c’est nous-mêmes qui nous l’infligeons.

Je trouve la vie belle et je me sens libre.

En moi des cieux se déploient aussi vastes que le firmament. Je crois en Dieu et je crois en l’homme. J’ose le dire sans fausse honte. La vie est difficile mais ce n’est pas grave. Il faut commencer par « prendre au sérieux son propre sérieux », le reste vient de soi-même. Travailler à soi-même, ce n’est pas faire preuve d’individualisme morbide. Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit, ou bien domine cette haine et la change en autre chose, peut-être même à la longue en amour – ou est-ce trop demander ?

C’est pourtant la seule solution… Ce petit morceau d’éternité qu’on porte en soi, on peut l’épuiser en un mot aussi bien qu’en dix gros traités.

Je suis une femme heureuse et je chante les louanges de cette vie, oui vous avez bien lu, en l’an de grâce 1942, en la énième année de guerre.

Fr Antoine

Patheos | Hosting the Conversation on Faith

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Les fraîchement convertis au chapitre 2 des Actes des Apôtres posent la question : « Que devons-nous faire ? »
Voici une proposition : « Devenez reporter des nouvelles solidarités ! »
C’est ce que les Semaines Sociales de France proposent, dans le cadre de leur plateforme du Bien commun. Parmi les (rares) bonnes nouvelles dans le contexte de crise que nous vivons, il y a toutes les initiatives de solidarité, permises par la créativité de personnes ou de groupes et il serait dommage de les oublier.

A l’heure d’aujourd’hui, ce que nous voulons retenir c’est l’engagement incroyable du corps médical et de tous ceux qui continuent de travailler, pour faire fonctionner le pays. Il y a aussi l’émergence de solidarités fortes, venant du plus profond de la société, souvent grâce à une utilisation nouvelle, très innovante, des réseaux sociaux. Nous sommes souvent émus par ces nouvelles formes de solidarité. Mais avec le règne de l’éphémère induit par l’information en continu, chaque initiative chasse l’autre et il y a un risque d’oubli, alors que ces initiatives sont porteuses d’avenir pour construire demain une société plus humaine et plus fraternelle.

Pour partager les initiatives de solidarité les plus marquantes que vous observez, il vous suffit de consulter la page dédiée ici ou d’écrire à plateformedubiencommun@ssf-fr.org

Partenaires - Semeurs d'Espérance

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Trouvez des similitudes qu’il y a entre la crise que nous vivons et l’expérience de la résurrection qu’ont fait les disciples ?
Il y a 2000, Jésus était la victime.
Aujourd’hui, il y a aussi des victimes (décès, économie, assignés à résidence sans jugement,…)
Il y a 2000 ans, entre les disciples il y avait une ambiance sombre faite de culpabilité, de remords.
Aujourd’hui, il y a comme un parfum de mort diffusé par les médias.
Il y a 2000 ans, les disciples essayent de reprendre la vie d’avant, mais ils ne prennent aucun poisson.
Aujourd’hui, les experts nous promettent une activité économique très compliquée.
Il y a 2000 ans, les disciples ne reconnaissent pas le Christ qui est là sur le rivage.
Demain, avec tous les changements qu’aura vécu l’Eglise : Semaine sainte à la maison, baptêmes, profession de foi, confirmations décalées, la vie sacramentelle de l’Eglise aura été bloquée. Sans doute, certains essayeront de rattraper tous ce qu’ils n’ont pas pu vivre (messe, chapelet, pèlerinages à gogo), d’autres resteront dans le vide du tombeau.
Comme chrétien, il nous faut ouvrir les yeux pour découvrir le ressuscité qui est là présent dans notre vie de tous les jours, mais pas là où nous l’attendons !


Fr Antoine

Apparition “ nostalgique ” de Jésus ressuscité au lac de Tibériade

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Le paradis à portée de cœur :

« Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.
Qu’importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir ; parler ou se taire ; raccommoder ou faire une conférence ; soigner un malade ou taper à la machine. Tout cela n’est que l’écorce d’une réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.

On sonne ? Vite, allons ouvrir.
c’est Dieu qui vient nous aimer.
Un renseignement ? le voici :
c’est Dieu qui vient nous aimer.
C’est l’heure de se mettre à table: allons-y :
c’est Dieu qui vient nous aimer.
Laissons-le faire »
(« La sainteté des gens ordinaires », Nous autres, gens des rues, p. 30)

31ème Semaine du Temps Ordinaire – Tous les Saints ...

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Profitons de ce temps pour une lecture accompagnée du livre des Actes des Apôtres, avec le père Jean-Philippe Fabre, professeur au Collège des Bernardins.

Actes des Apôtres — Wikipédia

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Chacun d’entre nous constate bien que le confinement ne va pas toujours de soi. Essayons de découvrir comment certains font pour le rendre moins pesant : ce matin, regardons chez les scouts

Promesse scoute - LaToileScoute

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128 catéchumènes devaient être baptisés dans le diocèse pendant la vigile de Pâques. Voici le témoignage d’une catéchumène du diocèse de Nanterre :

Baptistère du XIIème à Liège, Eglise Saint Barthélémy

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Jésus est ressuscité, il est vraiment ressuscité ...
CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITE !

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Samedi saint
Après les deux guerres mondiales, les lager et les goulag, Hiroshima et Nagasaki, notre époque est devenue dans une mesure toujours plus grande un Samedi Saint : l’obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s’interrogent sur la vie, et de façon particulière nous interpelle, nous croyants. Nous aussi nous avons affaire avec cette obscurité. Et toutefois, la mort du Fils de Dieu, de Jésus de Nazareth a un aspect opposé, totalement positif, source de réconfort et d’espérance.
Et cela me fait penser au fait que le Saint-Suaire se présente comme un document « photographique », doté d’un « positif » et d’un « négatif ». Et en effet, c’est précisément le cas : le mystère le plus obscur de la foi est dans le même temps le signe le plus lumineux d’une espérance qui ne connaît pas de limite. Le Samedi Saint est une « terre qui n’appartient à personne » entre la mort et la résurrection, mais dans cette « terre qui n’appartient à personne » est entré l’Un, l’Unique qui l’a traversée avec les signes de sa Passion pour l’homme (…) Et le Saint-Suaire nous parle exactement de ce moment, il témoigne précisément de l’intervalle unique et qu’on ne peut répéter dans l’histoire de l’humanité et de l’univers, dans lequel Dieu, dans Jésus Christ, a partagé non seulement notre mort, mais également le fait que nous demeurions dans la mort. La solidarité la plus radicale.

Méditation du pape Benoît XVI devant le suaire de Turin

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Vendredi saint

Ce soir nous allons vénérer la Croix. Arbre de mort, arbre de vie, les deux à la fois mais en ce temps ce qui s’impose à moi c’est plutôt le Testament que nous laisse Jésus à nous les vivants, plus zombies que vivants. Un testament pour qu’avec lui nous nous réveillions de la mort de nos habitudes et de notre indifférence.
Un testament en sept paroles :
1 Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. Être pardonnés et savoir pardonner
2 En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Être sauvés et faire connaitre la joie d’être sauvés
3 Femme, voici ton fils. Et à Jean : Voici ta mère. Devenir de plus en plus enfants de Dieu et reconnaître les autres comme nos frères et sœurs
4 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Ne pas avoir peur de nos questionnements et réconforter ceux et celles qui désespèrent de la vie
5 J’ai soif. Désirer Dieu et parler de lui à ceux et celles qui sont blasés
6 Tout est achevé. Accepter la finitude et la fragilité tout en vivant d’ores et déjà l’éternité
7 Père, entre tes mains je remets mon esprit. Ne pas perdre confiance et savoir réconforter et donner confiance
Tel est le testament de Jésus en Croix.
Que sa croix soit source féconde pour nos vies. Je pense à vous tous et toutes.
fr JCL

Plougastel - Daoulas - Le Calvaire - Plougastel-Daoulas, Bretagne

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« C’est un exemple que je vous ai donné » Jean 13, 15

Dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce, qui tend à se manifester d’une manière sensible, atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature. Le Seigneur, au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. Non d’en haut, mais de l’intérieur, pour que nous puissions le rencontrer dans notre propre monde. Dans l’Eucharistie la plénitude est déjà réalisée; c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables.
Encyclique Laudato si’ – 236

 Il n’ y  a aucun doute que le lavement des pieds, c’est la destruction de tous ces rêves charnels que les apôtres nourrissait au fond de leur cœurs.
La grandeur n’est pas de dominer. Dieu n’est pas une majesté qui nous écrase. Il est une générosité qui appelle la notre. Etre à genoux, pour Dieu, devant nous, c’est accomplir la seule grandeur concevable dans le monde de l’esprit qui la grandeur de l’amour. L’Eucharistie se rattache directement à ce geste bouleversant, à cette révélation d’une nouvelle échelle de valeurs où l’amour est le seul critère de la grandeur. 
Maurice Zundel – 1965 

(proposition de prière des franciscains conventuels https://urlz.fr/cm2u)

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Mercredi Saint, 8 avril 2020 : Méditation (Mt 26, 14-25)

Jésus aurait pu être arrêté et crucifié, même si Judas ne l’avait pas livré. Pourquoi l’implication de Judas ? Le peuple s’était toujours interposé entre les protagonistes et il était difficile de faire mourir Jésus. Finalement, le meilleur moyen d’y parvenir était de passer par un de ses proches et ce fut Judas. Il a rendu ce mauvais service mais, n’a pu profiter de l’argent acquis car, pris de remords, il l’a jeté et s’est pendu. Les chefs des prêtres qui ont donné cet argent à Judas pour qu’il le leur livre n’ont rien réussi non plus car Jésus leur a échappé par sa résurrection. Le sacré ne se commercialise pas.

Frère Martial Darius YEBOU

Heureux es-tu, - UN CRIS A LA VIE

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Mardi saint : Deuxième chant du Serviteur : Isaïe 49, 1-6

Le peuple qui souffre en exil a des difficultés à croire à l’appel de Dieu. « Moi je disais : c’est en vain que je me suis fatigué, c’est pour du vide, pour du vent que j’ai épuisé mon énergie » (49, 4). Le peuple ne découvre aucun signe de sa présence et doit subir les moqueries des autres « Où donc est votre Dieu ? » (Ps 42, 11)
Ce n’était pas facile de croire à l’appel de Dieu car écrasé de douleurs le peuple devait annoncer la fin de la souffrance. Aveugle, il devait éclairer. Prisonnier, il devait libérer. Triste, il doit procurer la joie. Plongé dans les ténèbres, il devait être lumière. Cela semble une folie et un scandale (1 Cor 1, 23). Ainsi au lieu de se sentir appelé, il se sentait rejeté par Dieu : « Sion disait : le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée » (49, 14)

Cela rejoint les situations que nous vivons.
Bien que faible, la foi va aider le peuple à résister.
Ce n’était pas Dieu qui avait oublié son peuple, c’était le peuple qui avait oublié le vrai visage de Dieu : « ils m’ont abandonné Moi, la source d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau » (Jr 2, 13) Ils ne croyaient plus en la bonté et en la fidélité de Dieu. En Exil la vie n’avait plus de sens, l’espoir avait disparu, car pensait-il les évènements avaient échappé à la main de Dieu. Le peuple était devenu incapable de distinguer les signes de la présence de Dieu : « Je dis s’en est fini de mon espoir qui venait du Seigneur » (Lm 3, 18).
Mais le Serviteur connait un changement. Avant d’avoir accueilli l’appel de Dieu il pensait que toute résistance était vaine, désormais il comprend que l’appel de Dieu vient de loin, qu’il date de sa naissance (49, 1). Il sait que sa vie est une arme dangereuse dans la main de Dieu « une flèche acérée, une épée tranchante ». Désormais il est sûr de la présence de Dieu dans sa vie. La redécouverte du Dieu vivant est source de renaissance : « J’ai du poids aux yeux du Seigneur, et ma puissance c’est mon Dieu ». Voilà le secret du serviteur. Chacun de nous est invité à redécouvrir la face du Seigneur. Sa présence discrète et omniprésente donne force et courage. Le Seigneur est toujours proche, tout contre la porte, mais il ne la force pas (Ap 3, 20). C’est dans le Seigneur que nous pouvons trouver la force de la fidélité et de la conversion. Il s’agit de reconnaître la tendresse émouvante de Dieu : « La femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi je ne t’oublierai pas. » (49, 15). Redécouvrant l’amour de Dieu pour lui, alors le peuple peut s’engager dans la mission que le Seigneur lui confie, une mission qu’il découvre progressivement. Il avait d’abord pensé que sa mission se limitait uniquement au peuple d’Israël : « C’est trop peu que tu sois pour moi un serviteur uniquement pour relever les tribus de mon peuple » (49, 6). Il fallait qu’il prenne conscience que sa mission devait atteindre les extrémités de la terre (49, 6).

Fr Michel

Marc 9,30-37, “Si quelqu'un veut être le premier ...” - biblique.fr
Le Christ aux outrages par Arcabas

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Connaissez-vous PRIXM ? Une newsletter hebdomadaire qui donne un éclairage culturel sur l’inspiration de la Bible dans notre culture occidentale (des chanteurs de reggae à Indiana Jones en passant par Léonard de Vinci). Pour cette semaine sainte, vous avez une proposition pour chaque jour de la semaine. Ici https://urlz.fr/ck73

L’équipe derrière PRIXM

PRIXM est né autour des frères dominicains de l’Ecole biblique à Jérusalem, auteurs de la célèbre Bible de Jérusalem. Sous leur direction, 300 chercheurs du monde entier retraduisent et annotent les Écritures sur une plateforme en ligne, La Bible en ses Traditions, qui rassemble 3000 ans de traditions judéo-chrétiennes.De jeunes entrepreneurs pour transmettre les Ecritures.


Emerveillés par les trésors bibliques, Valentine, Madeleine, Nicolas et Thibault sont motivés par l’envie de les partager. Ils concoctent avec un comité scientifique dirigé par le frère Olivier-Thomas Venard o.p. ces pépites hebdomadaires. Pour tenter de montrer que l’on peut être chrétien tout en ayant un esprit ouvert, curieux et désireux de bâtir des ponts avec les autres religions.

fr Antoine

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Ce lundi saint, nous nous souvenons que Marie en versant le précieux parfum sur les pieds de Jésus s’est privée d’un bien d’une grande valeur. Nous aussi, contre notre gré, nous sommes privés de biens de grande valeur : possibilité d’aller et venir, visites aux amis et aux proches, sorties, etc… Si l’absence révèle la valeur, qu’est-ce qui a du prix à mes yeux ?
Nous célébrons les jours où Jésus décide de donner sa vie, par amour du Père, par amour de chacune et chacun d’entre nous. Comment vais-je accueillir le don qu’il fait pour moi ?

Fr Antoine

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Pour ouvrir la semaine sainte, l’organisation liturgique de l’Eglise associe dans une même et unique célébration l’entrée messianique du Seigneur à Jérusalem et sa Passion.
Cette célébration nous plonge donc au cœur d’un contraste :
1/. D’un côté, la gloire et la Croix : Celui qu’on acclame sera humilié, jugé, condamné, anéanti, tué…
2/. De l’autre, abaissement et exaltation ; Dieu n’abandonnera pas son Fils dans la mort, il le ressuscitera, il sera exalté, ratifiant ainsi sa prédication et sa prédilection pour les pauvres et les plus faibles, son attitude humble, confiante et croyante…
Cette célébration, dans son unité dénonce les manœuvres souterraines des hommes, qui, des lèvres, ils bénissent, mais du fond d’eux-mêmes ils maudissent. Jérémie, disait alors : « Le cœur de l’homme est compliqué et malade ! Qui peut le connaître ? » (Jr 17, 5-10) Il nous faut donc fuir l’hypocrisie du monde et embrasser la croix du Seigneur qui conduit à la vie.
Jésus nous invite à parcourir avec lui le chemin de l’obéissance et de la totale confiance en Dieu qui seul peut nous sauver de la mort, de la maladie, de la violence et de la guerre. Son attitude devant sa mort nous dit qu’il ne se situe pas dans une logique de violence, de vengeance, de concurrence mais de confiance et d’amour plus fort que la guerre et la mort.
Avec lui, osons, du plus profond de nous-même, crier vers Dieu : « Mon Dieu, Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Fr Grégoire

Entrée à Jérusalem - SERAPHIM

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Pour entrer dans cette semaine sainte, vous pouvez écouter cette passion écrite par Charles Péguy, dans son « Mystère de la Charité de Jeanne d’Arc » :

Pour ceux qui croient, comme pour ceux qui ne croient pas : l’histoire d’un homme et d’une mère qui pleure son garçon, son enfant, condamné par la frénésie du peuple où la fureur cède au mystère.
Péguy nous laisse en partage ce cri, cet Oratorio de l’amour maternel.

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« …Je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours, dit le Seigneur. Ma demeure sera chez eux….» Livre du prophète Ezékiel 37,26-27

A mon dernier passage en prison à Fleury-Mérogis, pour y célébrer la messe, l’aumônier me raconta qu’un détenu avait transformé la part de cellule qu’il partageait avec son codétenu en un oratoire avec des icônes partout. C’était tellement dérangeant pour le colocataire que celui-ci avait demandé à aller dans une autre cellule, ce qui lui fut accordé. Assuré d’être désormais seul occupant de sa cellule, le prisonnier transforma alors l’oratoire en une véritable chapelle avec une iconostase, c’est-à-dire qu’il installa une séparation entre les toilettes/lavabo et le reste de la cellule avec une cloison couverte d’icônes, toutes écrites par lui.
On imagine aisément que de vivre confiné dans un tel lieu, avec tout cet environnement pour grandir en sainteté, incite en effet à devenir meilleur ….Ce qui est l’aspiration de chacun de nous, n’est-ce pas ?
Actuellement, je vis -et nous tous je crois- vivons happés par les écrans qui semblent nous sauver de la solitude en nous éloignant toujours plus du monde réel, de la matière, du faire. Pourtant travailler la matière, la voir se transformer sous l’action de nos mains, cela développe en nous plein de belles choses comme la concentration et la réflexion, le calcul et la géométrie, l’inventivité et la créativité… Alors nous pouvons, si vous le voulez, nous poser la question suivante : Comment puis-je adapter mon coin de prière en tenant compte de ce temps d’exil ?
Avec tout le rangement que l’on a fait, ce que l’on a trié et pas encore jeté n’est-il pas récupérable pour améliorer notre « sanctuaire domestique » ? Avec une base de farine pour de la pâte à sel ou avec des vieux magazines pour du papier mâché, que pouvons-nous créer, améliorer ?
La religion juive, après l’exil à Babylone, a tenu compte de cette expérience de privation des rassemblements et du Temple grâce à des Ezéchiel et autres penseurs. Là, maintenant, nous avons le temps de penser à ceux qui souffrent et ceux qui luttent, et à la manière de rendre un culte et pas seulement de nous tourner vers les sanctuaires et les sacrements que nous offrent les écrans. Car tout cela est très beau, bien chanté, cela nous élève c’est indéniable mais cela est aussi quelque peu éloigné de la réalité de Dieu. Il est venu demeurer au milieu de nous. L’Esprit Saint habite en nous. Ce sont des paramètres de discernement à prendre en compte pour nous préparer à relever ce sanctuaire…

Frère Manuel Maïcas o.p. 

File:BambergApocalypseFolio055rNew Jerusalem.JPG

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Le pape s’adresse à chacun(e) pour cette semaine sainte très particulière qui s’annonce :

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Dans les chapitres 5 à 10 de l’évangile de Jean, l’évangéliste reprend les enseignements de Jésus en lien avec les célébrations juives et la célébration du sabbat
– Au chapitre 5 de l’évangile, le jour du sabbat, Jésus guérit l’aveugle-né. Dans la discussion avec les pharisiens, il explique qu’il continue l’oeuvre du Père comme Fils : il donne la vie et juge ceux qui retournent à lui (v 24)
– Au chapitre 6, pendant la fête de la Pâque juive, Jésus remplace le pain de l’Exode par le pain de Vie.
– Au chapitre 7, pendant la fête des Tentes, où traditionnellement les juifs puisent de l’eau à Gihôn et illuminent le temple,Jésus se présente comme la source de Vie et la lumière du monde
– Au chapitre 10, pendant la fête de la Dédicace, la fête de tous les temples construits pour Dieu, Jésus se présente comme le nouveau Temple, le Saint de Dieu.
En ces temps troublés, où nous ne comprenons pas bien où nous allons, où nos repères sont remis en cause, il nous est bon de revenir à ce que Jésus révêle ; il est comme une clé qui doit nous aider à comprendre ce à quoi comme chrétiens nous sommes appelés dans ce monde. Il compte sur nous, il nous confie une mission.
Demandons la grâce de l’Esprit pour savoir comment y répondre !


fr Antoine

envoi-en-mission - Paroisses d'Enghien - Saint Gratien, Saint ...

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La boule de manioc n’est jamais trop petite pour être partagée

Formation : transformation du tubercule de manioc en bâton de ...

Écoutons notre frère Michel avec carêmedanslaville.org
https://careme.retraitedanslaville.org/meditation/184

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La Chronique du Fenouil III

Ce matin Frère Manuel nous a redonné à tous et toutes une dose d’eau-de-vie (hips !) et ça m’a comme réveillé : je me suis rendu compte que j’ai complètement oublié de vous présenter nos copines les Coriandres, qui sont nées elles aussi à Evry, en septembre dernier. Avec le changement climatique, elles ont passé l’hiver dehors sous les protections de notre jardinier préféré et la table des Dominicains en a bien profité !

Je vous avais écrit précédemment que j’étais grand-père et que ma postérité était immense ; laissez-moi vous en dire un peu plus. L’été 2019, nous, la famille Fenouil, avons produit des fleurs qui ont donné du bonheur à tous les butineurs qui s’aventurent aux étages… .Puis nos bébés sont arrivés et, quand ils furent à maturité, IL les a cueilli : un bon paquet de semences ! Figurez-vous qu’il en a offertes le 6 octobre aux prisonniers de Fleury-Mérogis. Pourquoi à cette date ? Parce que ce dimanche-là on dit du bien des graines de notre cousine La Moutarde : comme quoi « si on a la foi en Jésus-Christ de la taille de cette graine, eh bien on est capable de beaucoup de choses ». Et comme Frère Manuel n’avait pas des bébés de nos cousines Moutarde sous la main, c’est nous qui avons étés mis à l’honneur ! Il a donné un de nos enfants à chacun des détenus qui l’ont collé sur une carte en écrivant « Seigneur augmente en moi la foi ». Mais ça ne s’est pas arrêté-là ! A la fin de la messe il a donné à déguster le reste de notre progéniture, et il a vanté notre saveur incomparable qui rappelle le pastis ! Et ces hommes sevrés d’alcool nous ont savourés. IL nous a raconté leur double joie de la carte emmenée dans leur cellule et du rappel de l’ivresse.

Nous avons de quoi être fiers, n’est-ce pas ?

Autre sujet de fierté, un Romarin m’a écrit de Bretagne, et un Oranger du Mexique m’a écrit d’Ile de France pour me dire que leurs potagers étaient encore un peu déserts et que le festival des fleurs se poursuivait dans les arbres fruitiers. Je voudrais aussi vous dire que je suis sans nouvelles des Sauges et des Thyms ; pensez à vous manifester, s’il vous plaît, car mes copains me demandent assez souvent si par hasard les pigeons voyageurs ne seraient pas en grève. Et je ne sais plus quoi répondre. J’en profite pour vous renouveler ma proposition de rester branchés et je souhaite préciser « quel que soit notre genre ». En effet, qu’il n’y ait pas de chichi entre nous, puisque ma famille et moi sommes hermaphrodites. Il y a de la place pour tout le monde dans l’OPOSC ! (Ordre des Producteurs d’Oxygène et de Stockage de Carbone). Alors, à très vite amis des balcons, des terrasses et des terres lointaines !

Grand-père heureux qui comme Anis

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Chaque année en septembre-octobre, pour les familles juives qui ont un appartement avec un balcon -je l’ai remarqué à Strasbourg- les habitants se font des cabanes en bambou afin de se souvenir qu’ils sont en toute terre, des étrangers et des gens de passage.

Cette période s’appelle « la fête des cabanes » et elle rappelle, il me semble, un épisode de l’histoire biblique où les Hébreux vivaient au désert quand ils faisaient leur retraite spirituelle de 40 ans avant de mériter la terre de la Promesse. Au cours de leur Quarantaine à eux, malgré les recommandations de Dieu, ils ont flirté avec l’idolâtrie qui est la tendance naturelle des hommes…Moïse incita alors le peuple à se tourner vers un signe de salut, en contemplant un mât qu’il fit dresser. Et ceux qui acceptaient de se tourner vers ce mât étaient guéris. Celui qui guérissait n’était pas l’objet regardé mais Dieu le Sauveur.

Se tourner vers un signe de salut, c’est bien ce qui nous est proposé aujourd’hui puisque nous avons la chance de vivre dans le désert de ce Carême si particulier.

Peut-être n’avons-nous pas de balcon et pas de bambous pour nous construire une cabane afin de vivre un certain dépouillement ? Le carton, les manches à balais, la table à repasser ou un grand tissu débordant de chaque côté d’une petite table sont des possibilités pour se créer une cabane aujourd’hui : il suffit de laisser à la part d’enfant qui sommeille en nous la permission de s’exprimer. En se créant chacun un petit abri de passage, non seulement nous pouvons vivre notre carême avec inventivité mais le vivre en solidarité avec les habitants des bidonvilles et les réfugiés de ce 21ème siècle. Tel l’abri de Jonas sous son ricin, nous pourrons contempler le monde et philosopher sur la seule chose nécessaire me semble-t-il : se tourner vers le Sauveur, comme la sœur de Lazare qui se tenait aux pieds du Christ.

Frère Manuel Maïcas o.p.

SOUCCOTH, la fête des Tentes - L'Aventure Tel Aviv

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Cheminons en carême avec notre frère Michel Lachenaud : Tiré du sol https://careme.retraitedanslaville.org/meditation/181

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Méditation du père Sébastien Antoni (Assomptionniste)

Nous sommes dans le Temple de Jérusalem mais pas n’importe où ! Dans la salle du Trésor… c’est peut-être un détail pour vous mais pour lui ça veut dire beaucoup…
Car c’est vraisemblablement là, dans le secret de son cœur, là où se cache le véritable trésor de toute personne humaine, qu’il décide de se livrer en toute liberté, de se donner à toute l’humanité… à la suite de la pauvre veuve qui vint un jour, de manière si humble et si confiante, dans la salle du Trésor, pour donner à Dieu tout ce qu’elle avait pour vivre. Encore une fois, signe manifeste pour Dieu mais malheureusement encore trop caché pour l’homme : que la femme vient toujours ouvrir le chemin de vie de l’homme, car n’est ce pas Marie qui ouvre pour Jésus le chemin de la vie, comme le fera d’ailleurs Marie Madeleine au matin de la Résurrection pour les apôtres ? N’est ce pas la femme pécheresse qui en venant laver les pieds de Jésus avec ses larmes ouvre le chemin de l’amour et du service qu’il offrira en exemple pour ses disciples le soir de la dernière Cène en lavant lui-même leurs pieds ? N’est ce pas la pauvre veuve de la salle du Trésor qui ouvre pour Jésus la voie humble et confiante du don de lui-même ?
A quelques jours de Pâques et des jours sombres de la Passion, il nous est bon de revenir dans cette salle du Trésor, pour nous rappeler que le Verbe est la lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde et qu’en lui il n’y a pas de ténèbres. Jésus ne peut donner que ce qu’il a : sa lumière. Lumière qui brille au milieu des ténèbres mais que les ténèbres ne peuvent arrêter. Ce que nous dit saint Jean dans son prologue, il le dit ici de Jésus qu’on ne pouvait encore arrêter… et si on essayait de regarder toute la nuit de la Passion avec comme file rouge la lumière de Jésus ? Nous verrions alors plus clair : ce n’est pas les autres qui prennent sa vie, c’est lui qui la donne ! Ce n’est pas la nuit qui domine, c’est sa lumière qui rayonne ! (https://urlz.fr/ceXf )

Qui Suis je ? Lumière du monde

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Pendant toute la semaine qui vient vous pourrez écouter le frère Michel Lachenaud prêcher pour careme.retraitedanslaville.org

Ce dimanche, sa méditation :  » Debout les morts « 

Worshiping With Children: Year A - Fifth Sunday in Lent ...

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Malgré l’urgence, Jésus n’est pas intervenu après avoir reçu le message de l’état de la maladie de son ami Lazare. L’important était qu’il soit informé. L’arrivée de Jésus auprès du défunt pouvait paraître trop tardive et inutile ; c’est quand il était malade, qu’il aurait pu le guérir . 

Au lieu de le guérir, il a préféré le ressusciter, manifestant ainsi la puissance divine. 

Dans nos situations de détresse où nous nous confions au Seigneur, notre foi doit nous faire espérer les merveilles du Créateur là où l’on pouvait le penser intervenir trop tard.

Frère Martial Darius YEBOU

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« Est-ce que le Messie peut venir de Galilée ?…il doit venir de Bethléem… » Jean 7,41-42

Fake news !

Ce mépris de la Galilée, de la Samarie et de leurs habitants, l’étonnement du prophète Samuel que le Seigneur choisisse David qui était le plus insignifiant des fils de Jessé et en plus petit et roux, nous disent bien comment depuis toujours on a classifié ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Qu’est-ce qu’on leur reproche à ces régions ? Qu’est-ce qu’elles ont de mieux, les autres provinces ? Pourquoi ce serait les plus beaux qui auraient raison ?

Le carême est le temps où tous nous sommes emmenés au désert, beaux ou pas, Galiléens ou Franciliens ou Antillais. Au désert, nous cherchons la source ; et au milieu de cette recherche, le Seigneur vient parler à notre cœur pour nous apprendre à aimer comme Il aime.

Pour Dieu, un jour est comme mille ans. C’est peut-être aujourd’hui, en lisant ces lignes, que je vais sentir l’appel à me mettre en route vers Pâques ? Eh bien, cela, ce serait très bon, car le carême ne se mesure pas à la durée mais à l’intensité…et qui suis-je pour juger l’ouvrier de la onzième heure ?(1)

Frère Manuel Maïcas o.p.

(1) Matthieu 20, 1-16

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En ce temps de confinement, les textes de la liturgie prennent une autre tonalité :

  • Dans le livre de la Sagesse, le juste est accusé par les impies. J’imagine que dans les appartements où certains d’entre nous sont tassés et n’ont pas l’espace nécessaire, des mécanismes d’accusations injustes peuvent aussi se produire.  Prions pour eux. Pour ceux qui étouffent enfermés dans des trop petites pièces.
  • Dans l’évangile, Jésus interroge ceux qui se méfient de lui : « Vous me connaissez ?
    Et vous savez d’où je suis ? »
    Déjà, se connaître soi-même est une aventure : pourquoi est-ce que je réagis comme ceci ou comme cela ? Pourquoi telle chose me plaît alors que telle autre me déplaît ? Alors savoir qui sont les autres !! Que l’Esprit nous évite de reproduire ce qui se joue dans ce passage évangile. Puissions-nous reconnaître chez celui/celle avec qui je suis, un(e) fils/fille de Dieu ! Que l’Esprit nous donne de servir mon frère/ma sœur comme un autre Christ ! Alors nous serons vraiment membre du Corps du Christ. Nous y communierons autrement.
    Fr Antoine
Jonas Tree: Nous sommes le corps du Christ

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La Chronique du Fenouil II

Chronique du Fenouil II.

Ce matin, après le froid de la nuit, IL était là et m’a donné à boire à moi, à mon frère ainsi qu’à nos frères du pot d’à côté. On n’avait pas si soif mais je dois bien reconnaitre que cette bise glacée et la chaleur du soleil de ce printemps mettent à rude épreuve notre existence de plantes, même si je vous ai déjà écrit qu’on s’est acclimaté. Bon, c’était la tournée générale et nos copains les autres condiments ont eu aussi leur part.

Cela me permet d’ailleurs de vous parler d’eux et je commence par les Evryennes de souche : les sauges. En réalité, leurs parents sont de Savigny sur Orge et elles sont donc arrivées à l’état de rameaux, de boutures : elles ne sont pas vraiment nées ici, mais ont vraiment pris racine, dans le terreau des jardinières où Frère Manuel les a plantées. C’est pourquoi nous disons qu’elles sont des Evryennes de souche ; et je vous assure qu’elles ne sont pas peu fières de cette dénomination. Nous, nous sommes issus de graines qui ont germé : nous sommes aussi des Evryens ! Ce n’est pas si simple la vie des plantes !

Les Bourguignons, c‘est encore une autre histoire. Ce sont deux pieds de thym qui sont venus du jardin du défunt papa d’un des frères de la communauté. Même s’ils n’ont pas poussé racines, ni germé dans le terreau d’Evry, on les a tout de suite adopté. Et ils ont eu du pot jusqu’à leur installation dans deux de nos douze grands bacs qui forment notre jardin sur la terrasse.

Une nouvelle génération d’Evryennes est en train d’arriver : ce sont des graines de mâche qui se terrent sous des bâches noires. Tout cela aurait dû rester discret mais Frère Manuel a lui-même raconté ça au voisin de l’autre terrasse, le Grand Patron, qui s’enquérait l’autre jour de ce que faisait notre jardinier en plein soleil. Ils ont beau être confinés, ces humains qui ont des pieds, ils sortent prendre l’air. C’est la fleur à trois pétales qui nous l’a appris quand elle a rencontré le Petit Prince : « Les hommes ? On ne sait jamais où les trouver. Le vent les promène. Ils manquent de racines, ça les gêne beaucoup. »(1)

Et vous, vous avez des copains légumes ou fleurs sur vos balcons ? Y a-t-il un autre Fenouil qui veut correspondre avec moi ? Alors on reste branchés, hein ?

Un Fenouil désaltéré qui a soif de contacts

(1) Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, chapitre 18

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A propos de l’évangile de ce jour, qui vient après la guérison de l’aveugle né (Jn 5, 31-47)

Entre père aimant et père défaillant, beaucoup parmi nous ont une expérience de la paternité blessée et il n’est pas rare d’entendre des croyants avouer qu’il leur est difficile de dire « Notre Père » tant l’image de leur père humain vient troubler l’image du Père éternel. 
Mais comment devenir père quand il n’est pas possible de prendre modèle sur son propre père ? La foi peut nous y aider. Il est possible de devenir père en regardant le Père céleste, source de toute paternité. 
« Qui m’a vu a vu le Père »*, dit Jésus. C’est donc en regardant Jésus que l’on peut apprendre à devenir père. Apprendre à aimer, faire grandir, pardonner, encourager, être exigeant et enfin conduire à l’autonomie et à la liberté. 

http://careme.retraitedanslaville.org/meditation/178

Dimanche de l’Aveugle-né : Jean 9, 1-38 | Sagesse Orthodoxe

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Annonciation du Seigneur

Aux laudes, ce matin nous avons chanté les psaumes 62 et 149 et le cantique des trois enfants. Un verset du psaume 62 a retenu mon attention: « je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire »
Le sanctuaire c’est maintenant ma maison ou mon appartement, ceux et celles avec qui je vis au quotidien mais aussi ce monde de l’internet : contempler Dieu même en cette période délicate.
Et le psaume, nous prenant à contre-pied, ajoute : « j’ai vu ta force et ta gloire » alors que nous dirions plus spontanément : j’ai vu la mort,le manque d’espoir.
Ne serait ce pas un appel pour reprendre l’évangile de dimanche : voir autrement la vie et les autres ?

Bonne fête !

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The Kissed Mouth: The Brothers Prynne

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Méditation de notre frère Martial :

Si plusieurs miracles de guérisons – que Jésus opère – coïncident avec le sabbat, c’est parce que cette loi, comme toute loi, doit viser le bien-être de la personne humaine, au lieu de lui nuire. L’homme paralysés dépendait du brancard mais désormais c’est le brancard qui doit dépendre de l’homme. Voilà pourquoi Jésus a voulu rendre l’homme maître du brancard, en lui demandant de le prendre et de marcher.

Aucune description de photo disponible.

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La Chronique du Fenouil

Chronique du Fenouil

Je suis né à Evry en août 2018, une histoire un peu étrange puisque dans mon univers je n’ai pas connu mes parents mais dès le début IL a pris soin de moi. Aujourd’hui, ce 22 mars 2020, je suis bien vivant, bon pied belle feuille, je suis grand-père et ma postérité est immense !

Je suis issu d’une fratrie de 16 frères et sœurs, tout le monde est né presque le même jour, d’un petit paquet de graines de fenouil arrivé de Bretagne. Nous sommes nés à Evry, au 3e étage, là où IL vient presque tous les jours. IL ?  Mon jardinier préféré, Frère Manuel !

La photo avec Grincheux, c’est une des préférées de mon album. C’était le printemps dernier, avant notre Corona à nous, des pucerons qui ont envahi la serre : une vraie épidémie, une vraie calamité ! Depuis cette date, je vis dehors, et, malgré mes origines méridionales, j’ai survécu au froid et au vent glacial. En effet sur notre terrasse en plein air, c’est plein soleil et plein vent assurés !

Grincheux, c’est le nain de jardin d’une des voisines. Son mari (de la voisine, évidemment) lui a dit : « C’est lui ou c’est moi ! » Alors elle a contraint Grincheux à l’exil. Grincheux c’est un gentil ; ensemble avec les copains-légumes, on forme une belle équipe. Si ça vous chante, je vous les présenterai. En attendant, restons branchés, voulez-vous ?

                                                                                                             Vieux Fenouil toujours vert

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Le rythme du tamtam change
Le pas de la danse doit s’y adapter
!

  • Pour la messe, vous pouvez regarder les différentes propositions de messes (Le Jour du Seigneur, KTO, …. ou alors vous pourrez célébrer une liturgie familiale avec le document joint, une proposition du diocèse de Saint Denis : https://urlz.fr/c9Rk
  • Pour célébrer l’office de laudes, vous pouvez rejoindre nos sœurs de Beaufort https://urlz.fr/c9QH

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